Le Soufre sur Céréales

L’essentiel du prélèvement de soufre a lieu pendant la montaison des céréales, le soufre disponible dans le sol suffit généralement à assumer les faibles besoins de la culture jusqu’au stade épi 1cm, mais pas ensuite dans le développement de la céréale.

Les éléments azote et soufre sont dépendants, un équilibre entre les deux éléments doit être respecté, mais l’un ou l’autre ne doivent devenir un facteur limitant de la croissance.

C’est le quatrième élément le plus prélevé par les céréales (après l’azote, le potassium et le phosphore.

Avec des retombées atmosphériques moins importantes depuis 30 ans, la fertilisation soufrée est devenue indispensable.

LES CEREALES ABSORBENT ENTRE 50 ET 70 kg de SO3/ha

Contrairement au colza, les besoins pour l’ensemble des céréales sont moins importants. Pour la production de 80 q/ha, un blé mobilise environ 60 kg de SO3 pour comparaison, un colza en consomme 150 kg pour produire 40 q/ha.

La cinétique d’absorption du soufre au cours de son cycle est similaire à celle de l’azote, mais le soufre n’augmente pas la valorisation de l’azote. À l’inverse, une carence en soufre peut diminuer l’efficacité de l’azote, les deux éléments sont dépendants (azote et soufre) avec un équilibre dans la plante.

> L’essentiel du prélèvement a lieu pendant la montaison.

Les situations où un apport de soufre se justifie dépendent principalement : - Du type de sol - De la pluviométrie hivernale

Les plus fortes réponses s’observent dans les sols de craie, argilo-calcaires superficiels, sableux, sablo-limoneux superficiels. Dans ces cas, les pertes de rendement peuvent être supérieures à 10qx/ha.

> Les apports organiques fréquents contribuent en partie à limiter le risque.

Les zones atteintes se répartissent par foyer et parfois par bandes qui correspondent au recoupement de passage d’épandage d’azote : les zones sur-fertilisées en azote extériorisent en premier la carence en soufre (les forts apports d’azote accentuent la carence en soufre, toujours respecter l’équilibre entre ces deux éléments).

La période d’observation des symptômes de carence s’observe de plein tallage jusqu’à la dernière feuille.

Les foyers sont par grandes zones vert pâle tirant vers le jaune (Photo Soufflet Agriculture sur blé tendre)

Carence en soufre sur blé dur à fin tallage (photo Soufflet Agriculture)

Carence en soufre sur blé dur à fin tallage : stries jaunes (photo Soufflet Agriculture)

⚠️ ATTENTION : la carence en soufre ne s’extériorise pas systématiquement par des symptômes visuels, les pertes de rendement peuvent passer inaperçus.

Nuisibilité : - Diminution du nombre d’épis/m² ou de la fertilité des épis - Pertes de 2 à 10 q/ha en général, jusqu’à 20 q/ha pour les cas les plus sévères. - Plus la carence est précoce, plus les pertes seront importantes.

LES SOLUTIONS :

  • Préventives : Apporter 30 à 50 kg/ha de SO3 de début tallage à épi 1cm, attention de ne pas faire d’apports trop tôt (avant l’hiver) car le soufre risque d’être lessivé.

    • Les engrais contenant la forme sulfate, thiosulfate et le soufre micronisé ont une cinétique différente :

      • La forme sulfate est rapidement assimilable, mais très sujette au lessivage

      • Les formes thiosulfate et micronisée ne sont pas disponibles immédiatement car elles doivent d’abord passer par des étapes d’oxydation pour devenir assimilables : le thiosulfate est libéré plus progressivement et son assimilation s’étale sur plusieurs semaines ; La forme micronisée car la micronisation peut différer selon la source (finesse de mouture suivant les procédés industriels utilisés), et le soufre élémentaire « S0 » est encore plus lent à s’oxyder que la forme thiosulfate.

    • Compte tenu de la pluviométrie, il faut privilégier les apports massifs sous forme d’engrais solide (de type ammonitrate soufrée, sulfonitrate, Kiésérite, 12-27+ S) ou des solutions azotées complémentées par du thiosulfate type Secofit TS FH.

  • Curatives : L'apport de soufre foliaire en "préventif" permet d'accompagner la culture dans les derniers stades afin d'éviter un facteur limitant, ce qui permet de maintenir la photosynthèse et la remobilisation de l'azote. Le soufre foliaire peut également intervenir en curatif, lorsque les symptômes sont visibles afin de limiter les pertes de rendement. (Solutions P110 du Soufflinfo). En aucun cas l’apport foliaire ne peut se substituer à un apport au sol

    • Les spécialités haut de gamme comme Ferti S doivent être plus spécifiquement dédiés à des apports de fin de cycle (à DFE/ floraison) car la formulation est spécifique pour valoriser les apports tardifs sur des plantes bien alimentées en azote.

    • Suivant le contexte de l’année les apports de Ferti S peuvent se justifier sur des plantes largement pourvues en azote et en soufre. Exemple : « je réalise un apport N/S mais le froid revient derrière et la plante a un peu de mal à assimiler les éléments. »

Attention aux homologations : en aucun cas un produit homologué fongicide à base de soufre ne peut être utilisé en fertilisation, mais l’action secondaire alimentaire des soufres ayant une AMM fongicide n’est pas à négliger.