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Pourquoi se convertir à l'agriculture bio ? 

Ces 5 dernières années, la vague de conversion vers l’Agriculture Biologique (AB) des exploitations de Grandes Cultures est sans précédent (surfaces multipliées par 2,5 entre 2015 et 2019 – chiffres de l’Agence Bio).

Les politiques de soutien liées, comme les Mesures Agro-Environnementales, ne sont pas étrangères à ce mouvement.

Mais à l’heure où les promesses d’argent public s’atténuent, de nombreux agriculteurs expriment encore des envies de changer leurs méthodes de production et de basculer vers le Bio.

Les motivations d’un tel choix sont donc diverses, mais pour autant le bonheur de ces producteurs est-il dans le Bio ?

SOMMAIRE

  1. Les motivations d'une conversion en bio 
  2. La balance avantages/ inconvénients de la production en Agriculture Biologique 
  3. Des agrobiologistes conquis par leur choix
  4. Les résultats mesurables de la production biologique

1. Les motivations d'une conversion en Bio

1.1 Amour / Désamour :

De nombreux agriculteurs ont fait le choix de la conversion, plus par rejet du modèle historique et conventionnel que par réel engouement pour l’Agriculture Biologique. 

Cependant, rapidement la transformation de leur système change leur rapport au métier :

  • Agribashing et pression sociétale : la société porte un regard bienveillant sur l’AB en général, notamment grâce aux soutiens des médias et d’associations influentes.
  • Impasses techniques : la nature est replacée au cœur du schéma de production, ce qui incite les producteurs à moins d’exigences en retour de leur investissement et sur les résultats obtenus.
  • Le résultat économique : la trésorerie des exploitations conventionnelles est chahutée depuis quelques années. Une fois la phase de conversion passée, un système biologique bien construit permet aux agriculteurs une juste rémunération. La moindre dépendance aux charges est aussi un facteur d’apaisement pour les producteurs.

Intrants théoriques habituels et facultatifs pour une rotation biologique en terres superficielles (hors achat semences) :

Succession de cultures

Luzerne

Luzerne

Blé

Orge de printemps

Tournesol

Lentille

Blé/Féverole

Triticale

Couvert dans l’interculture précédente

Non

Non

Non

Oui

Oui

Non

Non

Non

N

Non

Non

40u

40u

Non

Non

Selon reliquat

Selon reliquat

P

Non

Non

Non

Selon bilan

40u (fientes)

Non

Selon bilan

Selon bilan

K

100u

30u

Non

Non

40u

30u

Non

Non

SO3

100u

100u

40u

40u

40u

40u

40u

40u

Biostimulation

Non

Non

Sur semences

Sur semences

Bore

Fer Lutte contre les bruches

Sur semences

Sur semences

1.2. La nouvelle génération :

Les agriculteurs actuels sont bien ancrés dans la société. Leur conjoint travaille régulièrement en dehors de l’exploitation. Leurs enfants fréquentent majoritairement d’autres enfants non issus de familles agricoles. Ainsi, ils perçoivent les attentes de leurs concitoyens et ont à cœur d’y répondre (source Ministère de l’Agriculture, Centre d’Études et de Prospective).

Par ailleurs, de nombreux agriculteurs développent des ateliers de vente directe qui les rapprochent du consommateur et de ses besoins (11 % du chiffre d’affaires français des denrées alimentaires biologiques a été effectué en vente directe pendant l’année 2019 – Cette valeur a plus que doublé en 7 ans – source Agence Bio).

Afficher le label AB est une clé de reconnaissance immédiate des clients, que la vente ait lieu à la ferme ou sur les marchés.

1.3. Une passion retrouvée :

Paramètre trop souvent négligé, la passion du métier est pourtant prépondérante en agriculture.

Pour les raisons développées dans la partie 1, de nombreux céréaliers exercent leur métier avec moins d’envie. Le choix du Bio leur permet de redevenir maîtres de leurs systèmes de productions, car moins dépendants des intrants par exemple. Ainsi, les agrobiologistes expriment volontiers apprécier ce regain de goût à exercer leur métier.

1.4. Vivre de son métier :

Au cœur de toute rotation biologique réussie, la luzerne remplace bon nombre d’intrants : apport de matière organique, apport d’azote, structure du sol, gestion des chardons…

Semée sous couvert au printemps, comme sur cette photographie (Aube 2020), elle peut dès la moisson prendre le relais de la culture récoltée et commencer à jouer son rôle sans travailler le sol en période chaude.

Les perspectives économiques du Bio et la croissance du marché sont encourageantes. Les agriculteurs conventionnels sont las des crises qui influent négativement sur les marchés et ce d’autant plus dans les zones intermédiaires à faibles potentiels de rendements, qui subissent de plein fouet le changement climatique.

Le Bio est souvent perçu comme une potentielle solution pour retrouver des perspectives financières convenables. De plus, la plus-value offerte pour une production de qualité est une source de motivation pour bon nombre.

2- La balance avantages / inconvénients de la production en Agriculture Biologique

Thème

Ressenti positif

Ressenti variable selon les individus

Ressenti négatif

La gestion du temps de travail

Une quantité de travail à fournir globalement supérieure

- Retour sur investissement du travail fourni, tant d’un point de vue technique qu’économique.

- La création d’un atelier de vente directe permet une reconnaissance humaine du métier.

- Savoir améliorer sa réactivité pour ne pas laisser passer un créneau de travail (désherbage mécanique par exemple

Capacité à prendre son temps pour étaler les dates de semis.

- Le travail de stockage et de tri des denrées stockées pendant et post-moisson est conséquent

- Nécessité de démultiplier le nombre de cultures produites

- Rigueur absolue vis-à-vis des adventices invasives type vivaces et nécessité de compléter le désherbage mécanique par du désherbage manuel.

Le suivi administratif de l’exploitation

Un travail indispensable

Une exploitation en AB subit moins de contrôles vis-à-vis de la tenue de la traçabilité des interventions par les services de l’Etat

Le suivi des pratiques par l’Organisme Certificateur chaque année permet le sérieux et la durabilité de la filière

Le guide de lecture de la règlementation Bio peut entraîner des interprétations qui différent d’une exploitation à une autre, ce qui conduit à des différences d’applications pas toujours comprises

Thème

Ressenti positif

Ressenti variable selon les individus

Ressenti négatif

Le ressenti sur le métier et son environnement

Une approche apaisée du métier de céréalier

- Les producteurs en AB sont moins exigeants quant à l’influence de leurs pratiques sur le rendement final, donc plus sereins. 

- Le regard porté par la profession agricole est de plus en plus bienveillant. L’AB peut être vue comme une source d’inspiration à certaines pratiques conventionnelles.

- La volonté de répondre aux attentes sociétales (cf. partie 1 point 2).

Une partie de la profession reste critique vis-à-vis de l’AB. Les agrobiologistes doivent apprendre à composer parfois avec les fausses idées et les jugements raccourcis que peuvent porter leurs interlocuteurs professionnels.

Le poids des générations dans le monde agricole, l’impact du changement de système d’exploitation par rapport à l’historique peuvent amener à des conflits familiaux qu’il est nécessaire d’anticiper.

Les défis techniques

Une constante amélioration de la performance

Les perspectives d’améliorations sont nombreuses :

-Performance accrue du matériel de désherbage mécanique, des intrants du type fertilisants – biocontrôles – biostimulation.

- Les expérimentations et l’investissement des instituts de recherche, des firmes phytopharmaceutiques, des distributeurs en faveur de l’AB sont en forte croissance.

L’absence de solutions oblige parfois au retournement d’une culture comme dernier recours

- Pour ne pas subir de faux jugements, de nombreux producteurs font le choix de se séparer du pulvérisateur au risque de se priver de solutions techniques pour demain.

Une juste rémunération

Valorisation forte sur les marchés d’alimentation humaine : meunerie, malterie et légumes secs (origine France).

- Besoin de développer des marchés de niches sur des cultures secondaires du type épeautre, seigle…

- Absence de visibilité sur les aides PAC et le soutien spécifique à l’AB.

- Absence de débouché ou de valorisation pour la luzerne ou le trèfle dans certaines zones. Ces cultures sont pour autant des têtes de rotation indispensables.

- Un retard dans le versement des aides à la conversion peut conduire à des situations de trésorerie compliquée.

3- Des agrobiologistes conquis par leur choix

3.1. Si c’était à refaire :

La très grande majorité des agriculteurs en Bio sont satisfaits de leur choix.

Une fois le challenge de la conversion franchit, le passage à l’AB leur apporte satisfaction économique.

De plus, le sentiment de moindre dépendance aux charges est une véritable source d’apaisement pour les producteurs. Enfin, les agrobiologistes exercent leur métier avec passion, ce qui les conforte inévitablement dans leur choix.

CLIQUEZ ICI pour visionner la vidéo Semons du Sens : Jean-Paul SIMONNOT, partenaire de Soufflet Agriculture, vous parle de la filière Bio.

3.2. Les attentes pour demain :

Le Bio se trouve à une phase charnière de son développement.

La forte croissance de la demande des consommateurs en produits biologiques est un énorme challenge.

La grande distribution représente une large part des achats des ménages (55 % source Agence Bio). Cela implique de produire des denrées standardisées en qualité et qui répondent aux besoins des industries.

Les agrobiologistes aidés par l’ensemble de la profession agricole s’attellent à relever ce défi technico-économique.

La demande en produits origine France est une reconnaissance par les consommateurs et encourage à poursuivre le travail.

Des exemples d’axes de travaux pour demain :

  • Espèces cultivées en principales et en couverts pour augmenter la performance des rotations
  • Pilotage affiné de la fertilisation dans un objectif qualité notamment
  • Performance accrue du désherbage mécanique

4 - Les résultats mesurables de la production biologique

Les défenseurs du Bio sont parfois prêts à user de nombreux arguments pour mettre en avant ce modèle de production. Il est possible d’établir un tour d’horizon réaliste des avantages régulièrement avancés.

4.1. La santé :

A ce jour, il n’y a pas de consensus sur ce sujet, tant du côté consommateurs que du côté agriculteurs.

Le sentiment de méfiance vis-à-vis de la chimie est fréquemment à l’origine d’une certaine satisfaction des producteurs à ne plus manipuler de produits phytosanitaires.

La psychologie reste un paramètre déterminant pour une bonne santé.

4.2. L’environnement :

Critères environnementaux

Effets positifs

Effets négatifs

Perspectives

Le sol

- Hausse de la fertilité des sols et amélioration de la structure grâce à des pratiques favorables à la matière organique.

- Vie du sol accrue par la suppression de la chimie, la hausse des surfaces en légumineuses et en prairies : champignons, insectes…

- Vigilance sur les quantités de cuivre (cultures spécifiques).

- Travail du sol intensif.

- Substituer le cuivre par d’autres solutions

- Ne pas systématiser le labour et adapter le travail du sol au précédent.

L’eau

- Plus de surfaces en légumineuses et en prairies et azote apporté par des engrais organiques, conduit à une minéralisation lente et à un moindre lessivage des nitrates.

- Absence de molécules chimiques.

Le travail du sol intensif sur les sols en pentes accentue les risques d’érosion.

- Ne pas systématiser le labour et adapter le travail du sol au précédent

-Développer les couverts en intercultures pour limiter la présence de sols nus l’hiver.

La biodiversité

Les éléments ci-dessous contribuent au développement de la biodiversité :

  • non-utilisation de produits chimiques
  • prairies temporaires
  • haies
  • allongement des rotations

 

Critères environnementaux

Effets positifs

Effets négatifs

Perspectives

L’air

- La non-utilisation d’engrais chimiques permet de réduire la consommation de CO2 lié à leur fabrication.

- Les légumineuses en part importante dans les rotations biologiques fixent le protoxyde d’azote présent dans l’air (NO2).

- Les rotations allongées sont favorables à la séquestration de carbone par l’intégration de cultures comme le maïs ou le tournesol par exemple.

- La présence nécessaire de haies, de bandes enherbées, de prairies temporaires sont autant de pratiques favorables au piégeage du carbone.

- Les travaux mécaniques plus importants entrainent des rejets de CO2 supérieurs par les machines agricoles dans les exploitations Bio.

- Les denrées alimentaires produites parcourent plus de kilomètres pour rejoindre les silos biologiques des organismes stockeurs et parfois avec des chargements incomplets. La consommation unitaire d’énergie liée au transport est supérieure par tonne produite.

- Les agrobiologistes sont de plus en plus attentifs vis-à-vis de la rationalisation des passages d’outils.

- Les organismes stockeurs développent chaque année de nouveaux sites de livraison des productions biologiques et s’attachent à rationaliser le transport au maximum.

4.3. L’emploi :

A tailles équivalentes, les fermes biologiques emploient plus de main d’œuvre que les fermes conventionnelles (Source Agence Bio).

Les raisons principales sont :

  • le remplacement d’une partie des intrants chimiques par des tâches manuelles
  • la plus forte présence dans les exploitations d’ateliers consommateurs de main d’œuvre : légumes par exemple la part élevée de transformation à la ferme et de vente directe
  • De plus, toutes productions confondues, les exploitations en AB emploieraient moins de salariés temporaires que l’agriculture conventionnelle (travail moins précaire) (Source Agence Bio).

Les raisons de s’épanouir en Agriculture Biologique sont nombreuses.

Les agriculteurs qui ont fait le choix de convertir leur exploitation en AB sont en grande majorité satisfaits.

Il ne faut cependant pas idéaliser tout cela, car des difficultés demeurent, notamment lors de la période de conversion où la trésorerie des exploitations est mise à mal : marchés des denrées produites durant la conversion (C2) est peu rémunérateurs au regard des faibles rendements, aides en diminution, investissements nécessaires dans du matériel de désherbage mécanique…

L’article de février 2020 « Les idées reçues sur la conversion à l’Agriculture Biologique » relatait de manière exhaustive les difficultés engendrés par ce choix.

Connaître tous les éléments du sujet et préparer sa conversion sont souvent les clés d’un passage à l’Agriculture Biologique réussi.

Soufflet Agriculture accompagne ses clients, afin de leur permettre de réussir au mieux leur projet quel qu’il soit.

Le service Agronomie, Conseils, Innovation - Juin 2022

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