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Comment lutter contre le campagnol des champs ?

Communément appelé « le mulot » c’est en fait le campagnol des champs que l’on retrouve dans les parcelles, le plus souvent en Agriculture de Conservation des Sols (ACS), mais pas uniquement.  Son biotope favorable est un terrain très peu perturbé par le travail du sol, comme la luzerne, la culture porte graine, le système prairial. Les systèmes en agriculture de conservation des sols cumulent sols peu perturbés, couverture végétale et nourriture diversifiée. Ce sont des systèmes particulièrement propices à la présence du campagnol.

Il creuse des terriers superficiels constitués de nombreuses galeries. Il a capacité de s’adapter très vite aux environnements transformés (terres régulièrement travaillées). Il est herbivore, granivore, il mange et gaspille deux fois son poids en matière verte par jour. Il est très prolifique car la femelle peut vivre jusqu’à 19 mois et faire 4 à 5 portées/an de 4 à 8 petits. L’évolution de leur population suit un cycle de 3 à 5 ans. Les populations atteignent un pic de pullulation avant de s’effondrer brusquement pour remonter ensuite lentement.

La présence de campagnols se manifeste par la présence de ronds de culture détruite de plus ou moins grande taille. La nuisibilité de ce petit rongeur peut faire baisser les rendements de 50 % en luzerne et cultures portes graines et faire perdre 5 à 10 q/ha en céréales. Les bonnes conditions climatiques (hiver doux, peu pluvieux) ainsi que la présence de nourriture abondante, provoquent souvent une pullulation qui engendre des dégâts importants.

Une régulation naturelle

Heureusement, il connait une prédation naturelle, avec le renard (de 6 000 à 10 000 individus/an), les rapaces diurnes comme la buse et le faucon crécerelle (jusqu’à 5 000 campagnols/an/couple de rapaces), les rapaces nocturnes comme les chouettes, mais aussi d’autres prédateurs terrestres comme le sanglier, le héron cendré, les hermines, putois, martes, et belettes.

Les milieux dépourvus d’habitats pour les animaux sauvages sont donc propices à la prolifération du campagnol. Si les rapaces ne trouvent aucun moyen de se percher, ils ne s’installent pas. Si le renard ne trouve pas de haie pour s’abriter, il n’osera pas s’aventurer, d’autant plus si les parcelles sont de grande taille.

Renard - ©Cyril TOURET

Intervention de l’agriculteur

Selon le niveau de pression exercée par le campagnol, la prédation naturelle ne suffit pas. L’agriculteur a donc un rôle à jouer. Dans un premier temps, il doit faciliter la prédation en préservant le renard mais aussi par la pose de perchoir pour les rapaces (ballot rond, perchoir en T). Il faudra également favoriser le travail des rapaces en fauchant ou en broyant les résidus de récolte le plus bas possible. S’ils sont laissés intacts, ils blessent et empêchent les rapaces de travailler.

Il est possible de perturber les campagnols en passant le rouleau de nuit puisque leur activité est nocturne.

Busards st martin femelle - ©Cyril TOURET

Enfin certaines espèces de couverts végétaux comme le mélilot auraient des propriétés répulsives sur ce rongeur.

La lutte chimique

Elle est possible avec un produit peu contraignant, le RATRON GL, uniquement pour des applications dans les trous de rongeurs, à la dose de 2 kg/ha/an maximum. Les flacons peuvent être vendus avec une canne de distribution qui sécurise l’application en libérant 5 lentilles à chaque pression sur la gâchette.

La lutte chimique par l’utilisation de la « bromadiolone » est réglementée. L’agriculteur devra justifier auprès de la FREDON d’un taux de population, et cette dernière autorisera ou non d’utiliser un produit à base de bromadiolone (Contact FREDON obligatoire).

De manière générale la dynamique des populations est une combinaison ou interaction entre :

1) Le climat favorable.

2) La composition favorable du paysage par sa structuration : hôte disponible, prédation.

3) Les pratiques agricoles par le travail du sol ou non, les compositions végétales du sol.

Le service Agronomie, Conseils, Innovation - Septembre 2020

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